Olivier Jullien : le vigneron iconique de Jonquières

fin de la vente : 25/06/2022

C’est en 1985, à 20 ans seulement, qu’Olivier Jullien décide d’assumer pleinement son désir le plus cher, malgré l’opposition de ses aînés : réaliser ses propres vins et se montrer à la hauteur des terroirs méconnus des Terrasses du Larzac, qu’il chérit plus que tout.

A cette époque, dans le Languedoc, on ne cherche pas à faire ses propres vins mais plutôt, comme le faisait avant lui son père et ses grands-parents, de « fournir des raisins » aux grandes caves coopératives de la région. Expression du terroir, approche biologique et bio-dynamique, recherche d’une identité dans les vins, capacité de garde, accords gastronomiques… toutes ces notions, si chères à Olivier, sont, dans les années 1980, bien loin des préoccupations de la majorité des « producteurs » de raisins du coin…

C’est donc seul, du côté de Jonquières, en louant, en plantant puis en achetant progressivement ses propres vignes, qu’Olivier va écrire une des plus belles pages de l’histoire des vins du Languedoc et montrer la voie à de nombreux jeunes vignerons de la région, la voie d’une viticulture saine, respectueuse du terroir, ambitieuse, capable de montrer que le Languedoc peut produire de très grands vins. Aujourd’hui encore, 35 ans après, Olivier continue inlassablement à repérer les meilleurs terroirs, à sauver – en les rachetant – de vieilles vignes de l’arrachage, menacées par la pression foncière et la proximité de la ville de Montpellier. Car il le sait, dans cette terre chaude, l’enracinement en profondeur est une des clés pour réussir de grands vins qui ne tombent pas dans l’excès de lourdeur et de chaleur mais conservent, au contraire, de la fraîcheur et de la vibration minérale.

Le plus impressionnant, c’est de constater à quel point Olivier n’a rien perdu de son enthousiasme, de son esprit aventurier, toujours à la recherche de la meilleure combinaison de sols (ses parcelles disséminées sur une vingtaine d’hectares occupent aussi bien des sols calcaires, que marneux, gréseux ou siliceux). Sa connaissance intime, presque charnelle, de chaque micro-terroir et de chaque pied de vigne est fascinante. Il n’hésite pas non plus à faire régulièrement varier les encépagements, toujours à la recherche de ce point d’harmonie, celui autour duquel la complexité du vin devient une sorte d’évidence, celui grâce auquel la main du vigneron semble s’effacer devant les équilibres intrinsèques du vin. Selon les millésimes, en blanc, on retrouve bien sûr du carignan et du chenin, mais aussi de petites quantités de roussanne, de viognier, du marsanne, de bourboulenc ou encore de grenache gris… Au final, Olivier a atteint aujourd’hui un niveau de maîtrise et de précision qui force l’admiration et en font le vigneron iconique de toute une région.

Le fil conducteur d’Olivier, pour ses blancs, c’est la recherche d’un profil épuré et fluide. Il aime les vins qui ne cherchent pas à s’imposer ou à impressionner coûte que coûte, mais qui sauront dévoiler, au fil des années qui passent, une vraie profondeur d’expression. Une des clés, c’est bien sûr de trouver pour chaque cépage, chaque grappe même, la juste maturité.

Pour Olivier, 2020 a permis de « souffler » un peu après une série de millésimes difficiles à la vigne et très déficitaires en quantité. Entre un automne plutôt calme et sec, un hiver pluvieux et un printemps lumineux, la vigne a pu se refaire une santé et puiser dans les sols tous les nutriments nécessaires à son développement harmonieux. Bien sûr, la fin d’hiver précoce, avec des températures très douces, aurait pu faire craindre un épisode de gel tardif et surtout, des attaques printanières du mildiou. Heureusement, tout au long de la saison, le vent du Nord a su le juguler rapidement. L’été chaud, ensoleillé, avec quelques pluies orageuses bienfaitrices mi-août offrait les conditions idéales pour des maturations homogènes et bien regroupées des raisins. Toute l'équipe a coupé de belles grappes à partir du 1er septembre. Fort de son expérience, Olivier a tout de suite compris qu’il tenait là des jus enthousiasmants, dans leurs aromatiques et leurs équilibres.

Il ne lui restait plus qu’à laisser parler sa science incomparable des élevages et des assemblages particulièrement justes et subtils. Il sait parfaitement jongler avec l’identité de chaque terroir pour parvenir, in fine, à ce degré d’équilibre qui, cette année encore, frise la perfection. Nous n’avons pas fini de nous régaler avec ce rare Mas Jullien blanc au profil floral, ample et élégant, gorgé d’un fruit frais, énergique et savoureux. Il est porté de bout en bout par l’expression excitante des sols, avec son élan salin et son cortège d’épices stimulantes. Un grand vin, d’une classe folle, à la capacité de garde évidente.

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  • Olivier Jullien démontre que les terroirs des Terrasses du Larzac peuvent produire un blanc profond, subtil et identitaire, marqué par une grande complexité. Naviguant élégamment entre notes florales, fruits frais et tension minérale, le millésime 2020, placé sous le sceau de l’équilibre, a délivré un vin structuré, expressif et tonique.

    expert
    Note moyenne des guides
    93/100
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  • Olivier Jullien démontre que les terroirs des Terrasses du Larzac peuvent produire un blanc profond, subtil et identitaire, marqué par une grande complexité. Naviguant élégamment entre notes florales, fruits frais et tension minérale, le millésime 2020, placé sous le sceau de l’équilibre, a délivré un vin structuré, expressif et tonique.

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