Antoine Jobard : des Meursaults incontournables et intemporels

fin de la vente : 16/08/2020

Le petit domaine de 6 hectares, fondé par François Jobard en 1971, et aujourd’hui dirigé par Antoine, son fils, est certainement l’un des meilleurs représentants d’une certaine idée du classicisme à Meursault. Ici, nous sommes très loin des effets de mode et de la course à la notoriété : les grands vins de François et Antoine Jobard, sont plutôt une ode aux terroirs et au temps long. Observation, précision et patience sont les maîtres-mots de ce duo de référence, aussi discret que talentueux.

Chez les Jobard, on applique rigoureusement les principes simples mais terriblement efficaces d’une culture respectueuse du sol et de la plante, guidée par le seul souci d’obtenir un chardonnay parfaitement sain et mûr et chargé des infinies nuances que le sol a su lui transmettre : labour et griffage régulier, absence de désherbants, taille courte, ébourgeonnage rigoureux pour un meilleur contrôle des rendements… Héritier d’une longue expérience, Antoine n’a de cesse de travailler sa vigne pour en obtenir le meilleur.

Vient ensuite le temps de la vinification, toujours impeccable de précision, et d’un long élevage d’au moins 18 mois en fûts, avec très peu voire pas de bois neuf, dans des caves fraîches. Le temps nécessaire, selon Antoine, pour que le vin puisse parfaire ses équilibres et surtout, qu’il développe une structure lui permettant d’affronter ensuite de longues années de garde. La dégustation des Meursaults d’Antoine Jobard, c’est à la fois une école de la finesse et de l’intensité. Ils expriment avec droiture et une immense pureté l’identité minérale de chaque terroir.

Les vins d’Antoine Jobard rendent un bel hommage à la culture qui a façonné cette côte de Beaune, celle des moines cisterciens et de l’abbaye de Cîteaux, une culture de l’observation minutieuse de la nature, une culture où l’on respecte le temps qui passe, et surtout, une culture où le vigneron vise presque à disparaître derrière son vin, conscient de la qualité exceptionnelle de celui-ci et des terroirs qui lui ont donné naissance.

Si le potentiel de garde hors du commun des vins Meursaults d’Antoine Jobard a largement contribué à leur réputation planétaire, cet étincelant et puissant millésime 2018 possède d’ores et déjà un charme fou, qui vous autorisera à en déguster quelques bouteilles dans leur jeunesse.

Il faut dire que ce millésime est particulièrement bien né. Après un printemps pluvieux, qui a permis aux sols et sous-sols d’emmagasiner de bonnes réserves hydriques, place au soleil, à la chaleur et au temps sec. L’âge moyen assez élevé des vignes du Domaine et leur enracinement en profondeur ont bien sûr largement contribué à ce que celles-ci tirent le meilleur de cet été radieux. Deuxième millésime le plus précoce dans l’histoire du Domaine, juste après 2017, les vendanges 2018 ont démarré ici dès le 31 août : les fruits étaient parfaitement mûrs et bien juteux, et Antoine voulait absolument préserver de bonnes acidités, qui soulignent la formidable énergie interne de chaque cuvée et garantissent leur parfaite tenue dans le temps.

Adepte d’un élevage relativement long (20 mois au total) mais peu marqué (la proportion de bois neuf est très faible et le bâtonnage parcimonieux), Antoine parvient à conserver une pureté d’expression du fruit et une lecture de chaque terroir absolument admirables. En outre, chaque cuvée possède cette tension structurante, parfaitement délimitée, qui apporte à ses vins texturés et concentrés, une tonicité incomparable. En découvrant cette formidable collection 2018, bien avant sa mise en bouteille en octobre dernier, nous avons été subjugués par une telle homogénéité au plus haut niveau : pour nous, la gamme des Bourgognes et Meursaults 2018 d’Antoine Jobard s’inscrit parmi les plus belles réussites du millésime. Du « simple » Bourgogne, qui a franchement tous les attributs d’un Meursault, au stupéfiant Premier Cru Genevrières, d’un raffinement soyeux et d’une intensité remarquable, on se délecte de bout en bout.

C’est une chose d’atteindre l’excellence, ça en est une autre de s’y maintenir : c’est pourtant bien cela qu’Antoine Jobard réussit brillamment, année après année. Un sommet de la Côte d’Or !

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