Château Olivier 2017 : un Pessac-Léognan subtil et intense

fin de la vente : 22/03/2020

C’est à la fin du 19ème siècle que la famille de Bethmann, sous l’égide d’Alexandre, alors maire de Bordeaux, fait l’acquisition du Château Olivier. Cette très ancienne propriété aux portes de Bordeaux, dont on trouve des traces dès le Haut Moyen-Age, occupe une position privilégiée, entourée d’une vaste forêt, sur des croupes de graves, caractéristiques des meilleurs terroirs bordelais. La vigne n’occupe qu’un quart de ce vaste domaine, au milieu des prairies et des bois garants d’une bio-diversité malheureusement très rare aujourd’hui dans le vignoble bordelais, et pourtant si utile pour que la vigne et le raisin puissent exprimer la vérité d’un terroir.

Le Château Olivier fut classé en grand cru dès 1953, tant en rouge qu’en blanc. Loin de se reposer sur ses lauriers, cette magnifique propriété déjà très renommée a entamé au début des années 2000 une véritable « révolution » qui a permis d’installer les vins du château parmi l’élite de l’appellation Pessac-Léognan. Jean-Jacques de Bethmann, grande figure du vignoble bordelais disparu en 2012, n’a pas hésité à investir massivement. Il a su s’entourer des meilleurs spécialistes pour mieux révéler dans les vins du domaine la quintessence de ces terroirs de graves, sur socle argilo- ou marno-calcaire, éminemment complexes mais formidablement adaptés à la vigne, à condition que l’on sache les comprendre et les « faire parler ».

Laurent Lebrun, actuel directeur du Château, a entrepris, avec l’aide du Professeur Dubourdieu, un inventaire géologique extrêmement précis, aboutissant à la définition d’une dizaine de micro-terroirs et à un remaniement important du vignoble. Nouvelle cuverie, vinification et élevage parcellaire, rien ici n’a été laissé au hasard pour réussir ce beau projet esthétique, et redonner naissance à des vins pouvant rivaliser dans leur complexité avec les plus grands noms de l’appellation, Haut-Brion, Pape-Clément ou autre Chevalier…

Force est de constater que depuis quelques millésimes, le pari s’avère très largement réussi. Le blanc de Château Olivier, au profil singulier, ne cesse de nous charmer par son élégance raffinée : il exprime aussi bien la minéralité du calcaire, des silex et des quartz, que la fraîcheur iodée des embruns marins, et la belle complexité végétale émanant de la forêt qui entoure le vignoble.

Comme ailleurs à Pessac-Léognan, et dans une bonne partie des vignobles bordelais, le millésime 2017 s’annonça sous des augures bien sombres : les épisodes de gel survenus fin avril ont détruits de très nombreux bourgeons, entraînant, in fine, des déficits de récolte importants. Heureusement, la suite du cycle végétatif a connu bien meilleure fortune : l’été chaud et ensoleillé (qui a démarré exceptionnellement tôt, dès le début du mois de juin), suivi de quelques épisodes pluvieux salvateurs début septembre, a permis de récolter des sauvignons et sémillons à parfaite maturité, avec de bonnes concentrations et des acidités bien préservées. Un pur régal à vinifier, pour Laurent Lebrun et son équipe.

Lorsque nous l’avions découvert, au moment des dégustations en primeur du millésime, ce Blanc du Château Olivier nous avait encore une fois enchantés par sa subtilité aromatique, sa fraîcheur et sa précision de bouche. Au milieu de la trentaine de Pessac et de Graves blancs dégustés, il sortait clairement pour nous dans le carré de tête, à des prix nettement plus abordables que ses principaux rivaux (dont certains dépassaient allègrement les 100 € la bouteille…). Dégusté à nouveau, voici quelques jours, il ne fait que confirmer son rang tout en haut de la hiérarchie.

Pour celles et ceux qui préféreraient une version un peu plus charnue et profonde du Pessac Blanc de Château Olivier, nous vous avons réservé, en prime, quelques bouteilles du sensuel mais toujours vif millésime 2016. A vous de choisir !

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  • On aime ce bouquet raffiné où se mêlent la fraîcheur chlorophyllienne et résineuse de la forêt environnante, les herbes fines, entre cerfeuil et coriandre, une nuance fumée, les zestes d’agrumes et une touche fruitée, éclatante de pureté, sur la pomme jaune et la nectarine. Un des plus subtils et délicieux Pessacs du millésime... à un prix abordable !

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  • Année après année, Château Olivier s'affirme comme un des plus subtils représentants de l'appellation : imprégné de son terroir calcaire et plutôt frais, ce Pessac faisant la part belle au sauvignon brille par sa fraîcheur, le raffinement de son bouquet et son magistral équilibre en bouche, entre richesse du millésime et tension minérale. Bravo.

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