Belluard : un grand millésime 2019 par le maître savoyard

fin de la vente : 12/03/2021

Dominique Belluard, grand Monsieur de la Savoie (à tous les sens du terme !) est de retour sur la Route des Blancs pour le plus grand bonheur des nombreux amateurs de ce vigneron singulier, exigent et intègre, qui a, depuis plus de 30 ans déjà, placé le petit vignoble d’Ayse et son cépage autochtone, le fascinant gringet, sur la carte des grands blancs de France !

Nous voici au cœur de la vallée de l’Arve (entre Chamonix et Genève si l’on schématise), dans un petit îlot viticole où la vigne était déjà présente au 11ème siècle ! C’est à la fin des années 1940 que la famille Belluard s’installe ici, à la recherche de terres propices à la vigne. Longtemps, la polyculture prévaut sur les 10 hectares de la propriété, où les ceps sont entourés de framboisiers, cassissiers et autres arbres fruitiers, qui ont en ces temps-là plus de succès que le raisin… Il faut bien avouer que la vigne, jadis très présente sur ces coteaux abrupts protégés au Nord par le massif de Môle, a perdu beaucoup de terrain tout au long du 20ème siècle : le phylloxéra, les guerres, l’exode rural vers les vallées industrieuses, et pour finir, la pression foncière qui n’a cessé de croître dans la région… alors que l’on comptait plus de 300 hectares de vignes au 19ème siècle, il n’en restait même pas une vingtaine dans les années 1980.

Pourtant, après des études viti-œnologiques à Beaune, le jeune Dominique décide à cette époque de revenir s’installer à Ayse, guidé par l’intuition qu’il y a dans ce micro-vignoble toutes les conditions réunies pour produire de grands blancs. D’abord, la qualité et la diversité de ce terroir alpin, où se mêlent éboulis calcaires, marnes jaunes issues de moraines glaciaires ou encore argiles rouges riches en alumine de fer. En outre, l’exposition au Sud de la quasi-totalité des coteaux exploités par les Belluard, sur les flancs du massif du Môle, protège les vignes du vent du Nord.

Mais il y a surtout une singularité que l’on ne retrouve nulle part ailleurs dans le monde : la présence du gringet, ce cépage blanc endémique absolument unique, déjà connu dans l’Antiquité, dont il ne reste aujourd’hui qu’une vingtaine d’hectares, dont la moitié chez Belluard ! Dès lors, Dominique va consacrer sa vie, avec une énergie, une exigence et une opiniâtreté phénoménales à donner au gringet d’Ayse ses lettres de noblesse. Bien sûr, il y aura des phases de doutes et de tâtonnement. Au début des années 1990, il applique une viticulture très technique, apprise à l’école : mais cela ne le satisfait pas, il se rend compte que la course aux rendements ne mène à rien de bon et trouve ses vins trop « austères », manquant d’âme.

Et puis, il y a ce déclic en 1995 : la rencontre avec François Bouchet puis Pierre Masson et les principes de la bio-dynamie ! Ceux-ci agissent chez Dominique comme une véritable révélation : l’évidence que son travail doit avant tout être guidé par le respect des cycles du vivant, de cette osmose entre le végétal, l’animal et le minéral, car c’est elle qui fait la vie et l’identité du sol et qui donne à la plante son énergie vitale. A partir de là, il n’aura de cesse de chercher la meilleure façon d’accompagner la vigne pour qu’elle exprime dans son fruit et dans le vin toute la force et l’énergie de son terroir.

La méticulosité et la qualité du travail cultural effectué par Dominique forcent l’admiration de ses pairs, surtout quand on connaît les conditions extrêmement difficiles que ce vignoble impose, entre déclivité vertigineuse (qui interdit toute mécanisation) et rigueur hivernale. Ils étaient peu nombreux à y croire, à une époque où la plupart des vignerons préféraient user, voire abuser, des désherbants et autres pesticides… Force est de constater que Dominique a réussi son pari, lui qui reconnaît, quelques années plus tard, avoir « connu quelques grands moments de solitude » ! Aujourd’hui, avec plus de 30 millésimes au compteur, il élabore avec une régularité impressionnante, des vins singuliers et volubiles, qui parlent autant au corps qu’à l’esprit. Des vins à la fois charmeurs et toujours profonds, aux aromatiques complexes et harmonieuses, à l’énergie quasiment tellurique. Bref, des vins vivants, que l’on se doit absolument d’avoir bu au moins une fois dans sa vie.

Après une année 2018 marquée par le gel tardif et des orages de grêle, 2019 s’est présenté sous des auspices un peu plus calmes. Les raisins ont bénéficié d’un été particulièrement ensoleillé, sans trop souffrir des épisodes caniculaires de juin et juillet. En outre, les nuits plus fraîches, à partir de fin août, ont permis à l’altesse et au gringet de parfaire tranquillement leur maturité et leurs équilibres, sans excès ni blocage. La qualité des équilibres et la concentration aromatique des raisins, récoltés dans la deuxième moitié du mois de septembre, se révélaient en tout point exemplaires. Des raisins gorgés d’arômes, de véritables concentrés de terroir aux acidités parfaitement préservées grâce à l’altitude et à la qualité du travail à la vigne.

Ne restait plus au « maestro » qu’à laisser parler son sens unique de la vinification du gringet (et de l’altesse !), tout en nuances et en vibration minérale. 2019 voit donc le retour triomphant de toutes les cuvées du Domaine, y compris le fameux « Feu » qui n’avait pas pu être produit en 2018, ainsi qu'un prodigieux "Grandes Jorasses" pour lequel Dominique a fait cette année le choix d'une macération pelliculaire prolongée. Unique et fascinant.

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  • Cette cuvée confidentielle met à l'honneur l'altesse, autre cépage savoyard emblématique, pour laquelle Dominique a choisi de jouer la carte de la macération. Le résultat est exceptionnel de densité et d’équilibre entre fruité jaillissant, douceur florale, sensualité miellée, tonicité des agrumes et épices. C’est superbe mais très rare!

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  • la cuvée Les Alpes impressionne par sa densité et la superbe maturité du fruit, sur la poire, la prune et la pomme compotée. Plus le vin s’aère, plus il révèle sa complexité aromatique entre une dimension lactique, la tonicité des écorces d’agrumes, des évocations terriennes et une brassée de fleurs des champs. Un gringet plein et réconfortant !

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  • "Le Feu est au gringet ce que le Rangen est au riesling ou l'Hermitage à la marsanne" : voici comment Dominique lui-même qualifie son parcellaire Le Feu. Un vin d'une densité hors du commun, vibrant et profondément ancré dans son terroir de montagne, avec la fraîcheur et la sensation de pureté qui va avec. Un grand blanc pour la table.

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  • La bulle 100% gringet est une grande spécialité de Dominique qui renoue ainsi avec la plus pure tradition d’Ayse. Ce pétillant nous livre un bouquet généreux, entre chèvrefeuille, amande, pomme Granny, poire, pamplemousse et une touche d’ananas. Finesse de bulle, matière dense et élastique, finale minérale avec de fins amers : imparable.

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  • Après une bonne aération, ce gringet « Les Alpes » se livre dans une aromatique précise associant la prune jaune, la poire, les écorces d’agrumes, avec des notes minérales de pierre humide, une dimension végétale complexe, entre tubercules, herbes fraîches (verveine, coriandre), violette, gentiane et une touche de cire. Complet et irrésistible.

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