Riesling

HISTOIRE ET ORIGINE

Le Riesling trouve de toute évidence son origine dans la vallée du Rhin. Certains prétendent qu’il remonte à l’époque de l’occupation romaine qui cultivait sur les bords du Rhin et de la Moselle un raisin connu à l’époque sous le nom d’Argitis Minor… d’autres qu’il est issu de vignes sauvages indigènes, ce qui expliquerait son adaptation parfaite aux climats rigoureux de ces régions. Le célèbre ampélographe Stolz, quant à lui, le fait remonter au 9e siècle, date à laquelle Louis II le « Germain » aurait fait planter du « gentil aromatique » (autre nom de ce cépage) dans le vignoble du Rheingau.

Il semble aujourd’hui, grâce à l’analyse ADN, que toutes ces hypothèses aient leur part de vérité : on a trouvé avec certitude dans la généalogie du Riesling, du traminer ainsi que du gouais (cépage croate cultivé par les romains) et une lambrusque (vigne sauvage).

L’origine du nom reste tout aussi mystérieuse et sujette à de nombreuses interprétations. Si, pour beaucoup, son nom viendrait du verbe « riesen » (couler en allemand) en référence à la coulure dont les vignes auraient souvent été victimes avant de finalement s’adapter au climat des bords du Rhin et de la Moselle, d’autres y voient un lien avec le terme Rusling (bois foncé) ou encore une référence à l’acidité des vins issus de ce cépage (reissende saüre pour acidité mordante).

Une chose est certaine : le Riesling trouve son origine et surtout le berceau de sa formidable expansion au cœur des terres germaniques. Sa culture est importante dès le 15e siècle dans le Rheingau et le long de la Moselle. Elle va s’étendre rapidement dans les provinces de la Hesse et du Palatinat, pour finalement être recommandée au 18e siècle pour l’ensemble des provinces viticoles allemandes.

En parallèle, le Riesling fait son apparition en Alsace dès le 15e siècle. Mais ce n’est que dans la deuxième moitié du 19e siècle, sous l’influence germanique, que sa culture connaît un essor important dans le vignoble alsacien pour s’imposer dans les années 1960 comme le premier cépage de la région.

Au cours des 19e et 20e siècles, le riesling continue son expansion plus à l’Est, en Roumanie, Bulgarie et Slovaquie en particulier.

Plus récemment, il fut implanté avec succès dans les vignobles du Nouveau Monde, en Amérique du Nord, en Australie ou en Afrique du Sud.

GEOGRAPHIE, AMPELOGRAPHIE ET CULTURE

Aujourd’hui le Riesling occupe en Allemagne près de 22000 hectares et représente dans ce pays près du quart de la production. Il s’agit là du même cépage, le weissen riesling, qui au fil des années est également devenu le premier cépage cultivé dans le vignoble alsacien, avec plus de 3000 hectares plantés.

Le Riesling apparaît particulièrement adapté à ces régions (ainsi qu’à d’autres régions européennes plus orientales) car il est à maturation lente et continue à mûrir malgré des températures automnales peu élevées. Il a même besoin de nuits fraîches pour achever idéalement sa maturation. En outre, il supporte bien les hivers rigoureux. Aussi, de nombreuses tentatives d’implantation dans des zones au climat plus chaud, autour du bassin méditerranéen, n’ont-elles pas rencontré le succès : le raisin, arrivé bien trop tôt à maturation, perdait son acidité essentielle, pour donner au final des vins sans relief et bien trop alcooleux.

Cépage particulièrement réputé pour révéler le terroir dont il est issu, le Riesling donne le meilleur sur des sols d’origine métamorphique, composés de schistes ou de granites. Les coteaux aux pentes escarpées – favorisant le drainage – et aux sols peu riches, caillouteux et bruns, qui emmagasinent la chaleur, représentent les conditions de culture optimales pour le Riesling.

Moyennement productif, le Riesling nécessite palissage et taille longue. Il produit de petites grappes, compactes et cylindriques, au pédoncule très court. Les baies sont également assez petites, à la peau épaisse ; elles présentent une couleur allant du vert clair au jaune doré, et se couvrent de tâches rousses à complète maturité.

Par son acidité fruitée, sa capacité à révéler le terroir et en particulier à en exprimer avec force sa minéralité, le Riesling connaît un succès grandissant. Il est à même de produire des vins blancs secs et fruités, faciles à apprécier dès leur plus jeune âge, mais aussi des vins de garde aux arômes puissants.

Sa sensibilité à la pourriture grise (botrytis) autorise également la récolte du Riesling en surmaturité, une fois atteint par la pourriture noble, afin d’élaborer d’excellents vins de Vendange Tardive ou de Sélection de Grains Nobles, et même des vins de glace, au Canada en particulier.

Enfin, son acidité et son bouquet permettent d’élaborer de très bons vins effervescents, comme les Sekts allemands.

CARACTERISTIQUES GUSTATIVES

Les vins de Riesling se caractérisent par une robe claire, d’un jaune pâle présentant souvent des reflets verts et brillants qui annoncent sa fraîcheur caractéristique.

Ce sont des vins secs, frais et droits. Ils expriment très tôt un bouquet aromatique complexe, associant une large gamme de parfums de fruits (agrumes, pomme, poire, pêche), plus ou moins mûrs, et des arômes plus floraux (tilleul, jasmin, et plus globalement fleurs blanches).

Lorsqu’il est issu de terroirs schisteux ou granitiques, le vin de Riesling permet de découvrir, en évoluant, une palette caractéristique d’arômes minéraux (silex, pierre à fusil, note « pétrolée » ou terpénique).

En bouche, le Riesling donne au vin une grande fraîcheur, grâce à son acidité naturelle. C’est pour cela qu’il est autant apprécié, jeune, à l’apéritif par exemple. Mais sa complexité aromatique, et son bel équilibre acide-alcool, autorise pour les grands Riesling de terroir une longue garde, pouvant durer plusieurs décennies. Ces vins deviennent alors d’excellents vins de gastronomie.

ACCORDS METS-VINS

Traditionnellement, le Riesling est apprécié avec des mets aux saveurs délicatement acides et fumées, comme la choucroute évidemment ou la palette fumée.

Le Riesling s’accorde magnifiquement aux produits de la mer, même les plus iodés : poissons crus, grillés ou en sauce, crustacés ou coquillage comme la Saint-Jacques ou l’huître.

Il convient également aux volailles et plus globalement aux viandes blanches. Les préparations peuvent être beurrées, crémeuses ou cuites dans une pâte (tourte).

Les fromages de chèvre l’apprécient.

Lorsqu’il est vinifié en moelleux (VT, SGN), le Riesling s’associe parfaitement à des desserts aux agrumes (tarte au citron, soufflé à l’orange ou au pamplemousse…).